vendredi 5 octobre 2007

Spéculations sur la paix...


Conséquence inattendue du rapprochement entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, la zone démilitarisée qui sépare les deux Etats est en passe de devenir une zone très convoîtée...par les promoteurs immobiliers! Dans cette zone, le mètre carré vaut 2,33 $, et les prix ont doublé ces cinq dernières années, remarque l'IHT. La nature est encore à l'état sauvage : cet ancien no man's land, qui vit l'une des pires batailles de la guerre de Corée, a commencé à être déminé ("à la pelle") par des paysans, à la fin des années 1960. Beaucoup en sont morts ou sont restés estropiés, et l'on n'y trouve que des agriculteurs, mais aussi de plus en plus d'agents immobiliers. Les routes sont parsemées de barricades, les forêts, de barbelés, mais même les terrains truffés de triangles orange signalant des zones minées ont vu leurs prix doubler, voire tripler. Depuis le début du processus de paix entre les deux Corées, en 2000, la zone démilitarisée qui sépare le nord du sud attire de plus en plus promoteurs et spéculateurs. Pariant sur l'accroissement des échanges économiques entre les 2 pays, ils espèrent y bâtir des usines, des hôtels, et pourquoi pas des golfs... 
Rappelons que les deux Corée se sont engagées dans un processus de rapprochement et ont même annoncé cette semaine que des négociations allaient être organisées avec les Etats-Unis et la Chine pour mettre fin officiellement à la guerre de Corée (puisque celle-ci s'était achevée par un "simple" armistice en 1953).
D'après le Monde.fr, Photo Reuters: Le président sud-coréen Roh Moo-hyun traversant mardi dernier la zone démilitarisée séparant les deux Corées pour aller rencontrer le leader nord-coréen Kim Jong-il

jeudi 4 octobre 2007

Bip, bip...

C'est un grand classique mais je ne résiste pas au plaisir de vous mettre un extrait du fameux signal sonore envoyé par le Spoutnik, premier satellite humain artificiel, lancé le 4 octobre 1957.
En pleine guerre froide, l'annonce de cet exploit technologique stupéfia les Etats-Unis qui n'eurent de cesse de rattraper leur retard, se lançant dans une course à l'espace qui s'acheva un certain 29 juillet 1969...
A voir ce site à la fois détaillé et compréhensible sur la question

mardi 2 octobre 2007

Dans l'ombre de Capa

v-7-ill-961455-aff-gerda-taro.jpgIl fut question au début du mois de Robert Capa et de sa célèbre photo prise lors de la guerre d'Espagne. Une exposition qui s'ouvre à New York rappelle le rôle essentiel de Gerda Taro, sa compagne de l'époque, morte à 26 ans écrasée par un char durant ce même conflit.
C'est elle qui inventa le nom de Capa (son vrai nom était André Friedmann), qui fut sa compagne des jours de dèche à Paris, le seul amour dont il ne se consolera pas.

Après la seconde guerre mondiale, le travail de Gerda Taro a disparu, sa signature derrière les photos est gommée, raturée ou occultée pour être 
remplacée par le prestigieux : "photo Robert Capa".  Il fallut attendre le début des années 2000 pour que le frère de Robert Capa, gardien de sa mémoire et de son oeuvre, reconnaisse l'existence de Gerda. Et cinq années supplémentaires pour que cette exposition voit le jour, révélant la qualité de ces clichés, pris au plus près et toujours en empathie. Mais à la différence de son compagnon, elle ne craint pas de montrer la mort et la souffrance. Sur ses dernières photos, durant la bataille de Brunete, en Espagne, on sent le bruit furieux du combat.
Plus de photos sur le site de l'ICP
D'après un article de M.Lefebvre dans Le Monde du 01/10/07

lundi 1 octobre 2007

1er octobre 1946: verdict du tribunal de Nüremberg

nuremberg.jpgLe 1er octobre 1946, le tribunal militaire international de Nüremberg condamnait 12 des 24 accusés à la peine de mort. Parmi ceux-ci, le maréchal Goëring, chef de la Luftwaffe, se suicida peu de temps après le verdict.
Ce tribunal avait été constitué au lendemain de la guerre pour juger près de 200 Allemands, dont les principaux dirigeants nazis arrêtés par les alliés. La solution évoquée par Churchill, partisan d'une exécution sommaire de Hitler et de ses principaux lieutenants, avait été écarté au profit d'un procès "juste" et nécessaire pour l'Histoire.
Malgré tout, plusieurs ombres pesèrent sur cette justice de Nüremberg et sur le respect du droit par le tribunal militaire.
D'une part, les quatre juges représentaient chaque pays vainqueur (ainsi le juge français était Henri Donnedieu de Vabre, grand-père de Renaud Donnedieu de Vabre, ministre de la culture jusqu'en mai dernier!) et non un réel tribunal international.
De plus les textes constitutifs du tribunal de Nuremberg affirment dans les articles 19 et 21 : "Le tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l'administration de la preuve. Il adoptera et appliquera autant que possible une procédure rapide et non formaliste et admettra tout moyen qu'il estimera avoir une valeur probante" ; "Le tribunal n'exigera pas que soit rapportée la preuve des faits de notoriété publique, mais les tiendra pour acquis. Il considère également comme preuves authentiques les documents et rapports officiels des gouvernements alliés."
Enfin, les chefs d'accusation (dont la nouvelle notion de crime contre l'humanité définie par le procureur américain Robert Jackson) ne retiennent pas les bombardements de populations civiles, car les alliés n'étaient pas exempts de tout reproche sur ce point (cf bombardement de Dresde), et surtout ils sont rétroactifs c'est-à-dire qu'ils s'appliquent à des faits commis avant la mise en place de la loi (ce qui juridiquement ne peut se faire).
Tous ces éléments furent soulevés par un certain nombre d'opposants au procès (notamment parmi la population allemande) qui virent dans ce procès une "justice des vainqueurs". De ce point de vue, les procès de Francfort qui eurent lieu près de 20 ans plus tard, où un tribunal allemand jugea des Allemands ayant participé à Auschwitz, sont beaucoup plus présents et légitimes dans la mémoire du pays.
Il n'en demeure pas moins que le procès de Nüremberg, tout comme ceux de Tokyo qui jugèrent certains criminels japonais est un exemple de procès pédagogique à visée historique. De ce point de vue, il évita bien des écueils rencontrés lors des procès de Leipzig (concernant la 1ère guerre mondiale) ou des procès plus récents de gouvernement déchus.
Enfin, les débats houleux à propos du
tribunal pénal international ou de la mise en place d'une cour pénale internationale montre qu'une justice à la fois internationale et réellement impartiale demeure un idéal difficilement accessible

mercredi 26 septembre 2007

26 septembre 1957: Rentrée mouvementée à Little Rock...

 
Little-Rock-Nine-Escorting.jpgNon il ne s'agit pas des évadés de Fox River, mais bien d'étudiants qui sont escortés par l'armée pour pouvoir accéder à la High School de Little Rock dans l'Arkansas le 26 septembre 1957. Ils ne peuvent le faire librement. La raison: ils sont noirs...
En effet, le gouverneur de l'Arkansas, Orval Faubus, se refuse à appliquer la nouvelle loi sur la déségrégation obligeant les écoles américaines à accepter des enfants noirs. Car depuis 1954, la cour suprême des Etats-Unis présidée par Earl Warren (celui qui présidera la commission d'enquête sur la mort de Kennedy) a rendu la ségrégation anticonstitutionnelle (arrêt Brown vs Board of Education de Topeka du 17 mai 1954).
Malgré cela, trois ans plus tard cette loi n'est pas appliquée à Little Rock, et lorsqu'il en est question, les étudiants blancs refusent de se rendre en cours et de nombreux heurts ont lieux entre étudiants blancs et noirs. Il faudra donc l'intervention de l'armée fédérale dans cet Etat du Sud (pour la première fois depuis 1877!!) pour que ces neuf étudiant(e)s noirs accèdent à l'école, tandis que le gouverneur est partiellement suspendu par le président Eisenhower.
La même année un jeune pasteur fonde la Southern Christian League Conference (SCLC) qui prône la désobéissance civile et la non-violence pour lutter contre la ségrégation. Il se nomme Martin Luther King, et depuis l'aventure de Rosa Parks (jeune couturière noire condamnée à une amende pour avoir refuser de céder sa place à un blanc dans un autobus de Montgomery) il se bat pour la défense des droits civiques. Ce vaste mouvement aboutit au vote de la loi de 1964 interdisant discrimination et ségrégation. Mais si la ségrégation fut effectivement abolie, de nombreuses discriminations persistent encore de nos jours.little-20rock-20nine.jpg


A noter le dossier que consacre la revue l'Histoire de février 2006 aux rapports entre noirs et blancs en Afrique du Sud, Etats-Unis et France sous le titre « Apartheid, ségrégation, discrimination ». Pour l'anecdote, vous apercevez dans Forrest Gump un autre exemple célèbre d'opposition à la déségrégation en la personne du gouverneur G.Wallace refusant l'entrée des deux premiers étudiants noirs (Viviane Malone et James Hood) à l'université de l'Alabama en juin 1963. Ils entreront finalement, eux aussi sous escorte de l'armée, et sous les huées des autres étudiants...

A voir : un diaporama sur le sujet, sur le blog histoire geo du lycée Braque d'Argenteuil

dimanche 23 septembre 2007

Quelques articles pour le chapitre "l'espace mondialisé"

Pour commencer un témoignage très intéressant d'un chef mécanicien sur un porte conteneurs, Laurent Cazalis, sur le trajet d'un de ces mastodontes des mers...

- « La croissance chinoise est supérieure à 11% depuis le début de l'année »,
Le Monde du 20 juillet 2007
- « Boomtown Bangalore », Le Monde du 26 avril 2007 sur les bouleversements urbains occasionnés par la mondialisation
- « Chine-Inde, une rivalité en puissance pour le nouveau siècle », Le Monde du 19-20 mars 2006
- « Le Maroc, oasis des délocalisations », Le Monde du 19 décembre 2006
- « Les pays du sud deviennent de grands investisseurs », Le Monde du 18 octobre 2006, sur le dvt des flux de capitaux sud-sud

- « Wall-Mart ou la mondialisation grandeur nature », Le Monde Economie du 21 novembre 2006, un exemple de FTN
- Une infographie des 500 plus grandes entreprises mondiales, issue du Monde 2 du 4 septembre 2004 (attention les chiffres commencent à dater)

- « Les ports de Singapour et Shanghaï détrônent Rotterdam », Le Monde du 11 janvier 2005
- « Un chantier géant pour élargir le canal de Panama », Le Monde du 17 août 2006 et 26 octobre 2006
- « Catastrophes maritimes, le risque demeure », Le Monde du 13 février 2007, sur les dangers liés au transport maritime. Et « Une piraterie de plus en plus brutale sévit dans les mers d'Asie »

- « Déchets électroniques: produits polluants délocalisés », Le Monde du 2 novembre 2006 et « La mortelle errance d'un bateau poubelle », Le Monde du 30 septembre 2006, deux articles sur la « mondialisation des déchets »
- « Face au désastre écologique la Chine s'éveille lentement », Le Monde du 10 juillet 2007

jeudi 20 septembre 2007

20 septembre 1981: Robert Badinter demande l'abolition de la peine de mort en France

rbadinter-200.jpg« Monsieur le président, mesdames, messieurs les députés, j'ai l'honneur au nom du Gouvernement de la République, de demander à l'Assemblée nationale l'abolition de la peine de mort en France. » C'est par ces mots que le 20 septembre 1981, le Garde des Sceaux (ministre de la justice) Robert Badinter débute son discours en faveur de l'abolition de la peine de mort. 
Cette mesure faisait partie des promesses faites par François Mitterrand, avant qu'il ne soit élu président de la République en mai 1981. C'est sans doute la mesure la plus importante, au moins la plus symbolique, du premier septennat Mitterrand.

Elle doit beaucoup à la volonté du président, mais aussi à celle de son ministre de la justice Robert Badinter. Ancien avocat, celui-ci a défendu deux prisonniers (Buffet et Bontems) condamnés à mort pour avoir égorgé un gardien de prison et une infirmière. Le procès révéla que seul un des accusés avait tué. Mais les deux furent condamnés à mort. De là date l'engagement de Badinter en faveur de l'abolition de la peine de mort. 
Cet engagement passa par la défense de Patrick Henry, condamné pour l'assassinat du petit Philippe Bertrand, crime passible de la peine de mort. Badinter à son procès plaida non pas pour Patrick Henry, mais plutôt contre la peine de mort. La condamnation de son client non pas à mort, mais à la réclusion à perpétuité prouva à Badinter que l'abolition était envisageable, malgré les sondages qui en octobre 1981 encore, annonçaient que 62% des Français étaient pour le maintien de la peine de mort (52% sont contre la peine de mort en 2006). 
Cette mesure demeure en tout cas un exemple fort de volontarisme politique qui sait s'affranchir de l'opinion publique ou des sondages.

A lire absolument sur ce sujet, le témoignage (écrit) passionnant de Badinter L'abolition, ainsi que son discours à l'Assemblée Nationale qui vous prouve que certains débats peuvent être houleux...

Ne pas oublier toujours certains articles de Wikipedia: Badinter, peine de mort en France etc...

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